Code of Conduct
Results 1 to 7 of 7
  1. #1

    Default What is Proust and Madeleine?

    In almost all books researching or talking about perfume vaguely reference Proust and the Madeleine, just wondering what they were talking about.

  2. #2

    Default Re: What is Proust and Madeleine?

    Proust was a famous French writer who in Swann's Way has his protagonist discuss the relationship of senses to memory upon eating a madeline (a buttery pastry) dipped in tea.
    Seek not the favor of the multitude; it is seldom got by honest and lawful means. But seek the testimony of few; and number not voices, but weigh them. - Immanuel Kant

  3. #3

    Default Re: What is Proust and Madeleine?

    Here it is :

    In English :

    "Many years had elapsed during which nothing of Combray, save what was
    comprised in the theatre and the drama of my going to bed there, had any
    existence for me, when one day in winter, as I came home, my mother,
    seeing that I was cold, offered me some tea, a thing I did not ordinarily
    take. I declined at first, and then, for no particular reason, changed my
    mind. She sent out for one of those short, plump little cakes called
    'petites madeleines,' which look as though they had been moulded in the
    fluted scallop of a pilgrim's shell. And soon, mechanically, weary after a
    dull day with the prospect of a depressing morrow, I raised to my lips a
    spoonful of the tea in which I had soaked a morsel of the cake. No sooner
    had the warm liquid, and the crumbs with it, touched my palate than a
    shudder ran through my whole body, and I stopped, intent upon the
    extraordinary changes that were taking place. An exquisite pleasure had
    invaded my senses, but individual, detached, with no suggestion of its
    origin. And at once the vicissitudes of life had become indifferent to me,
    its disasters innocuous, its brevity illusory--this new sensation having
    had on me the effect which love has of filling me with a precious essence;
    or rather this essence was not in me, it was myself. I had ceased now to
    feel mediocre, accidental, mortal. Whence could it have come to me, this
    all-powerful joy? I was conscious that it was connected with the taste of
    tea and cake, but that it infinitely transcended those savours, could not,
    indeed, be of the same nature as theirs. Whence did it come? What did it
    signify? How could I seize upon and define it?

    I drink a second mouthful, in which I find nothing more than in the first,
    a third, which gives me rather less than the second. It is time to stop;
    the potion is losing its magic. It is plain that the object of my quest,
    the truth, lies not in the cup but in myself. The tea has called up in me,
    but does not itself understand, and can only repeat indefinitely with a
    gradual loss of strength, the same testimony; which I, too, cannot
    interpret, though I hope at least to be able to call upon the tea for it
    again and to find it there presently, intact and at my disposal, for my
    final enlightenment. I put down my cup and examine my own mind. It is for
    it to discover the truth. But how? What an abyss of uncertainty whenever
    the mind feels that some part of it has strayed beyond its own borders;
    when it, the seeker, is at once the dark region through which it must go
    seeking, where all its equipment will avail it nothing. Seek? More than
    that: create. It is face to face with something which does not so far
    exist, to which it alone can give reality and substance, which it alone
    can bring into the light of day."


    And here is the full excerpt in French for the ones who might be interested :

    II y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n'existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. II m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. II est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi. [...] Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C'est à lui de trouver la vérité. Mais comment ? Grave incertitude, toutes les fois que l'esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. II est en face de quelque chose qui n'est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière. Et je recommence à me demander quel pouvait être cet état inconnu, qui n'apportait aucune preuve logique, mais l'évidence, de sa félicité, de sa réalité devant laquelle les autres s'évanouissaient. Je veux essayer de le faire réapparaître. Je rétrograde par la pensée au moment où je pris la première cuillerée de thé. Je retrouve le même état, sans une clarté nouvelle. Je demande à mon esprit un effort de plus, de ramener encore une fois la sensation qui s'enfuit. Et, pour que rien ne brise l'élan dont il va tâcher de la ressaisir, j'écarte tout obstacle, toute idée étrangère, j'abrite mes oreilles et mon attention contre les bruits de la chambre voisine. Mais sentant mon esprit qui se fatigue sans réussir, je le force au contraire à prendre cette distraction que je lui refusais, à penser à autre chose, à se refaire avant une tentative suprême. Puis une deuxième fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s'élever, quelque chose qu'on aurait désancré, à une grande profondeur ; je ne sais ce que c'est, mais cela monte lentement ; j'éprouve la résistance et j'entends la rumeur des distances traversées. Certes, ce qui palpite ainsi au fond de moi, ce doit être l'image, le souvenir visuel, qui, lié à cette saveur, tente de la suivre jusqu'à moi. Mais il se débat trop loin, trop confusément ; à peine si je perçois le reflet neutre où se confond l'insaisissable tourbillon des couleurs remuées ; mais je ne peux distinguer la forme, lui demander, comme au seul interprète possible, de me traduire le témoignage de sa contemporaine, de son inséparable compagne, la saveur, lui demander de m'apprendre de quelle circonstance particulière, de quelle époque du passé il s'agit. Arrivera-t-il jusqu'à la surface de ma claire conscience, ce souvenir, l'instant ancien que l'attraction d'un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être ; qui sait s'il remontera jamais de sa nuit ? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m'a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d'aujourd'hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.

    Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann, 1913.
    L'amour fait songer, vivre et croire. Il a, pour réchauffer le coeur, un rayon de plus que la gloire; et ce rayon, c'est le bonheur. (Victor HUGO)

  4. #4

    Default Re: What is Proust and Madeleine?

    From the Wikipedia entry for "In Search of Lost Memory", the title of Proust's novel:

    "The role of memory is central to the novel, hence the famous episode with the madeleine in the first volume. When the narrator's grandmother dies, her agony is depicted as her seeming to fall apart; particularly, as her memories seem to flow out of her, she loses contact with it. In the last volume, Time Regained, a flashback similar to the madeleines episode is the beginning of the resolution of the story. The narrator is transported back to an earlier time by sensory experiences of memory, triggered by smells, sights, sounds, or touch."
    Everyone is entitled to his own opinions, but not his own facts. Daniel Moynihan

  5. #5

    Default Re: What is Proust and Madeleine?

    Quote Originally Posted by surreality View Post
    Proust was a famous French writer who in Swann's Way has his protagonist discuss the relationship of senses to memory upon eating a madeline (a buttery pastry) dipped in tea.
    Proust is notoriously hard to summarize or discuss in a concise, clear way, but you've done it admirably! This is about the best, most direct answer to a Proust question I've heard in a long time (usually, answers go on for pages and pages and pages and only make things more confused!)
    Last edited by rach2jlc; 23rd November 2008 at 02:38 AM.
    Is there any point in saying everything? -Basho

  6. #6

  7. #7

    Default Re: What is Proust and Madeleine?

    Thanks Helg for posting that great link, I really need to start reding perfumeshrine more often they really know what their talking about (I also love how they give recipe for madeleines, yum)

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts
  •  



Loving perfume on the Internet since 2000